L’AQCPE lance sa campagne de mobilisation dans un CPE de l’Outaouais pour faire annuler les compressions de 120M$

Gatineau, 14 janvier 2016 — L’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) a profité de son passage dans la région de l’Outaouais pour lancer officiellement sa campagne nationale de mobilisation visant à  faire annuler les compressions de 120 M$ annoncées par le gouvernement pour l’année 2016-2017. C’est en présence de directrices générales de CPE et de parents utilisateurs qu’a eu lieu le dévoilement de la bannière à l’image de cette mobilisation au CPE La Planète des enfants, à Gatineau. La majorité des CPE du Québec emboîteront le pas et afficheront cette bannière en signe de protestation.

« La mobilisation ne fait que commencer. Nous sommes résolus à ce qu’elle se poursuive tant et aussi longtemps que le gouvernement ne répondra pas à la demande des familles du Québec de placer le développement de la petite enfance et la qualité des services au cœur de leurs priorités. Ce que nous demandons, c’est l’annulation des coupes pour 2016-2017 », s’est exclamé Louis  Senécal, président-directeur général de l’AQCPE.

Mis à part l’affichage de la bannière, de nombreuses actions seront déployées au cours des prochaines semaines afin de faire pencher le gouvernement : lettres de parents et de directions de CPE aux élus, appels à leur bureau, pétition, entrevues dans les médias nationaux et locaux, rassemblements et manifestations sur l’ensemble du territoire québécois, messages sur les réseaux sociaux, etc. Aucun effort ne sera ménagé. Cela pourra même aller jusqu’à l’interruption de services dans les CPE de façon ponctuelle.

Des parents en colère et prêts à se mobiliser pour sauvegarder leur CPE

Valérie Bilodeau, parent et trésorière du CPE La Planète des enfants, est en colère contre le gouvernement et est prête à se mobiliser pour préserver les services offerts à son CPE. « Un terrain de jeu extraordinaire et stimulant où tout est conçu en fonction du bien-être et du développement de l’enfant : pour moi, c’est ça le CPE. La “vision” du gouvernement qui ne se concentre que sur les chiffres détonne totalement en comparaison avec le respect, l’engagement et même le dévouement que j’observe chez le personnel de mon CPE. Quand 80 % du budget est alloué aux salaires et qu’on nous demande de couper un 12 % additionnel… c’est évident qu’il y aura des conséquences sur la qualité, car c’est le personnel qui fait la qualité en CPE ! »

Pour Cassandra Fleming-Gagnon, mère de deux enfants qui est retournée aux études, le CPE a une importance toute particulière et a influencé positivement son parcours. « Le CPE m’a permis de reprendre mes études pour offrir un meilleur avenir à mes enfants, et cela, tout en sachant qu’ils seraient dans un environnement favorisant leur développement optimal. La relation de confiance que j’ai bâtie avec mon CPE m’a même incitée à m’impliquer au sein du conseil d’administration de celui-ci. Aujourd’hui, je suis à même de constater que l’accumulation des compressions menace les services. Je veux garder tout ce que le CPE offre à mes enfants, car c’est eux la relève. Je veux l’annulation des coupes pour l’avenir de toute une génération. »

« Quotidiennement, nous constatons l’impact désastreux des décisions du gouvernement sur le réseau des CPE. Nous sommes arrivés au bout de notre créativité pour ne pas affecter la qualité des services que nous offrons, a affirmé Louise Valiquette, directrice générale du CPE L’Arche des petits et membre du conseil d’administration de l’AQCPE. Ça fait des années qu’on coupe dans nos services, nous avons amplement fait notre part pour le retour à l’équilibre budgétaire. En 35 ans de carrière, jamais on n’a traité la petite enfance avec autant de mépris. »

Rappelons que l’année 2015 s’est terminée dans un cul-de-sac alors que les discussions du groupe de travail sur le financement, qui se poursuivaient depuis le début de l’automne, n’ont mené à aucune solution satisfaisante pour les CPE. En considérant les compressions de 120 M$ prévues pour 2016-2017, c’est un total de près d’un demi-milliard de dollars depuis 2006 qui a été coupé dans le réseau des services de garde éducatifs subventionnés.

« Il y a 20 ans, le Québec a fait le pari que son développement économique passait d’abord et avant tout par son développement social et qu’il fallait miser sur les enfants et les familles du Québec, l’avenir du Québec. Monsieur le Premier ministre, vous avez la marge de manoeuvre nécessaire pour investir en petite enfance. C’est ce que nous avons de plus précieux. Il n’en tient qu’à vous de faire les choix qui s’imposent, a conclu M. Senécal.