Quand éduquer rime avec petite enfance

Quand éduquer rime avec petite enfance

Au printemps 2016, l’AQCPE complétait sa seconde mobilisation nationale en deux ans pour la défense de la politique familiale. Dans cette course aux obstacles multiples, des générations se relaient depuis plus de 30 ans à la défense de l’idéal d’un réseau éducatif de qualité de la naissance à l’entrée à l’école.

En présentant son mémoire à la Commission sur l’éducation à la petite enfance qu’elle a elle-même mise en place, l’AQCPE tient à rappeler à tous que l’éducation à la petite enfance progresse, malgré tout, contre vents et marées.

D’abord dans le choix des mots : la gardienne a cédé la place à l’éducatrice. Les centres de la petite enfance ne sont plus des garderies et les garderies sont des services de gardes à but lucratif pour certains et des commerces pour d’autres. Ensuite dans la perception de la population qui confirme, sondage après sondage, l’importance de services éducatifs de qualité dès la naissance.

Cet automne, deux consultations nationales traitant d’éducation à la petite enfance, l’une initiée par l’AQCPE et l’autre par le gouvernement, ont parcouru le Québec.

L’éducation à la petite enfance avance quand le Conseil du patronat du Québec et les grandes centrales syndicales s’entendent pour placer cet enjeu parmi les priorités nationales. L’éducation à la petite enfance avance quand la très large majorité des 75 intervenants et acteurs québécois de l’éducation reconnaissent son importance cruciale dans la réussite éducative.

À la consultation nationale sur la réussite éducative, la ministre responsable de l’Enseignement supérieur affirmait même que le succès des collèges et des universités était directement associé à l’existence d’un réseau éducatif de qualité dès la petite enfance. Quant à eux, le premier ministre et le ministre de la Famille et de l’Éducation l’avaient également reconnu lors du lancement de cette consultation nationale.

Alors que se terminent les audiences de la Commission sur l’éducation à la petite enfance, nous entendons l’écho de ces générations de militants et d’ardents défenseurs de la politique familiale, dont nous sommes, qui piaffent d’impatience face à un discours, pourtant en nette évolution, qui tarde à se traduire en décisions sonnantes et trébuchantes.

Effectivement, pour nous, il aura fallu trop de temps et nous aurons gaspillé collectivement trop d’argent et d’énergie à défaire ce qui pourtant changeait le monde sous nos yeux, un enfant à la fois. Chaque Québécois n’ayant pas, dès la naissance, un accès universel à un service éducatif de qualité est un enfant de trop.

Mais lorsque ceux qui n’étaient pas nos alliés naturels, lorsque les acteurs de la réussite éducative et lorsque tous les partis siégeant à l’Assemblée nationale parlent d’éducation à la petite enfance, nous devons les accompagner et les encourager à continuer.

Et quand notre cynisme le permettra, peut-être y verrons-nous le signe que leur apparente inertie a cédé la place à un premier pas dans la bonne direction.