Un réseau qui a fait ses preuves

Près de 20 ans après la création des CPE, on constate que cette mesure a porté ses fruits.

L’accès à des services de garde éducatifs subventionnés a permis à près de 70 000 femmes d’intégrer le marché du travail depuis 2008. Leur contribution a augmenté le produit intérieur brut (PIB) du Québec de 5,1 G$.

De plus, chaque 1 $ investi dans les CPE rapporte 1,75 $ à l’État, soit 900 M$ supplémentaires qui se retrouvent dans les coffres du gouvernement chaque année, ont conclu les économistes Pierre Fortin, Suzie St-Cerny et Luc Godbout dans une étude de 2013.

Pour sa part, James Heckman, récipiendaire du prix Nobel d’économie en 2000, a démontré que le fait d’investir dans des services à la petite enfance est rentable, puisqu’il permet de réduire – à moyen et long termes – les dépenses liées à la santé, l’éducation, la sécurité et la justice. Chaque 1 $ avancé engendre jusqu’à 7 $ « d’économies ».

Les retombées des CPE ne sont pas uniquement économiques, elles sont aussi sociales. Entre 1997 et 2007, le taux de faible revenu des familles monoparentales dirigées par une femme est passé de 60,3 % à 20,4 %, toujours selon les économistes Pierre Fortin, Suzie St-Cerny et Luc Godbout.

D’après une enquête réalisée par les chercheurs Isabelle Laurin, Danielle Guay, Nathalie Bigras et Michel Fournier pour le compte de la Direction de la santé publique de l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal, les CPE sont les mieux outillés pour assurer le plein développement des enfants provenant d’un milieu défavorisé. En les fréquentant, plutôt qu’un autre type de service de garde, ces bambins sont 3,6 fois moins susceptibles d’être vulnérables dans deux domaines ou plus de leur développement.

Toujours selon la même étude, une entrée précoce en service de garde éducatif, soit avant l’âge de 12 mois, réduit de 2,7 les risques qu’un enfant, peu importe son statut socioéconomique, soit vulnérable dans deux domaines ou plus de son développement.

Références