Les bienfaits durables des CPE sur la réussite scolaire

Les bienfaits durables des CPE sur la réussite scolaire

En 6e année du primaire, on ne constate pas d’écart de réussite entre les enfants issus de familles aisées et ceux venant de milieux défavorisés, si ces derniers ont fréquenté un CPE.

De plus, s’ils ont fréquenté de manière intensive un service d’éducation préscolaire en bas âge, les enfants venant de milieux défavorisés obtiennent de meilleurs résultats scolaires à 12 ans.

C’est ce que révèle un article scientifique publié dans la revue Pediatrics, en décembre 2015 (en anglais seulement). Les signataires de l’article, dont font partie Sylvana Côté et Richard E. Tremblay, professeurs à l’Université de Montréal, sont arrivés à ces conclusions grâce aux données collectées à travers l’Étude longitudinale du développement des enfants du Québec (ELDEQ).

Miser sur les CPE

Dans une entrevue donnée au journal Le Devoir, M. Tremblay se désole que le gouvernement du Québec choisisse d’ignorer les multiples bienfaits des CPE lorsque vient le temps d’élaborer les politiques publiques.

« Jamais on ne fait ce qu’on devrait faire, c’est-à-dire investir beaucoup plus pour faire en sorte que les enfants des milieux défavorisés aillent en CPE et y aient des places bien encadrées, juge-t-il. Il y a toute une coordination qui est nécessaire pour qu’on puisse aider dès la grossesse ces enfants défavorisés avec un haut risque d’avoir des problèmes d’adaptation à long terme. Les CPE sont un moyen important pour réduire ces problèmes, mais c’est un moyen qui doit être articulé avec tous les autres services que l’on donne aux familles qui sont en difficulté. »

Le même article souligne également qu’en plus de donner un indice solide sur lequel baser la poursuite du programme des CPE, les résultats de cette étude sont les premiers au monde à démontrer, de manière aussi significative, les répercussions à long terme d’un service d’éducation préscolaire.

Également citée dans Le Devoir, Mme Côté précise que le contexte québécois est particulier et propice à de telles études.

« Il y a peu d’endroits à l’international où il y a des programmes comme au Québec, où il y a une proportion assez importante d’enfants pauvres qui participent, indique Mme Côté. Aux États-Unis, les services d’éducation préscolaire coûtent très cher et ce n’est pas tous les enfants qui y ont accès. Ou sinon, il y a des services universels, comme dans les pays scandinaves, et on ne peut pas distinguer leurs impacts sur les enfants.  »