
Le développement d’une offre structurée de services de garde éducatifs de qualité et à coût réduit a eu, au fil des ans, un impact considérable sur le taux d’emploi des femmes ayant de jeunes enfants et sur le PIB du Québec. Ces effets se constatent notamment en se comparant au reste du Canada et à l’Ontario.
Le réseau des CPE et des services de garde à contribution réduite a permis à des dizaines de milliers de femmes ayant des enfants d’âge préscolaire d’intégrer ou de rester sur le marché du travail et ce, de façon beaucoup plus massive que dans le reste du Canada, qui ne dispose pas de politique équivalente. Cet écart est spectaculaire : entre les années 1997 et 2009, le taux d’activité des femmes ayant des enfants de moins de 6 ans a grimpé de 11 points de pourcentage au Québec, comparativement à 3 points dans le reste du Canada sur la même période. Une progression quatre fois plus importante au Québec !
Entre 1998 et 2008, les taux d’emploi des femmes au Québec et en Ontario ont respectivement augmenté de 12,7 et de 4,1 points de pourcentage, soit une hausse trois fois plus élevée au Québec. Cet écart signifie que le Québec a pu bénéficier de l’équivalent de 70 000 femmes de plus sur le marché du travail que dans la province voisine. À elles seules, ces 70 000 travailleuses contribuent à hauteur de 3,5 milliards de dollars au PIB du Québec. Au total, la hausse du taux d’emploi des femmes québécoises depuis 1998 représente environ 100 000 travailleuses, ce qui signifie une contribution de 5,2 milliards de dollars au PIB, se traduisant par des recettes fiscales annuelles de 1,1 milliard de dollars pour le Québec.
Une stratégie efficace de lutte à la pauvreté et à l’exclusion sociale
Outre l’effet évident sur la main-d’œuvre disponible et sur la productivité, les mesures qui encouragent l’activité économique des femmes sont à la base d’une stratégie efficace de lutte à la pauvreté, leur garantissant une plus grande autonomie financière, notamment chez les mères monoparentales. Il s’agit d’un instrument crucial leur donnant l'opportunité de retourner aux études, d’intégrer le marché du travail ou d’y rester. En effet, l’augmentation du nombre de places à contribution réduite facilite l’accès aux services de garde de qualité pour ces femmes, qui peuvent ainsi « s’offrir » la possibilité de concilier travail et famille et d’y gagner économiquement.
Au Québec, entre 1997 et 2007, le taux de faible revenu chez les familles monoparentales ayant une femme comme cheffe a chuté de 40 points de pourcentage, passant de 60,3% à 20,4%. Au Canada, le taux de faible revenu se situait à 53,2% en 1997, pour diminuer à 26,6% en 2007, soit une baisse à 26,6 point de pourcentage.
Créer de nouvelles places de qualité pour s’ajuster à la hausse du taux d’emploi des femmes et des naissances
Il nous faut, au plus vite, poursuivre le développement de nouvelles de places à contribution réduite (7$), dans le réseau des CPE – là où se trouve la plus grande qualité de services – et porter une attention particulière au déficit de places dans les milieux les plus défavorisés. Le prochain Budget du Québec qui sera déposé le 17 mars est l’occasion que devrait saisir le Gouvernement pour annoncer la création d’au moins 15 000 nouvelles places, tel qu’il s’est engagé à la faire il y a maintenant plus de deux ans.