La qualité des services offerts en CPE se traduit par un taux de plaintes largement inférieur aux garderies commerciales

Dans la foulée de la série d’articles sur les plaintes et les inspections dans les services de garde parus dans le Journal Métro et les hebdos locaux et régionaux de Transcontinental, nous tenons à souligner que ce portrait est incomplet puisqu’il ne fait aucune mention de la différence notable des taux de plaintes entre les types de services.

En effet, l’enquête est muette sur le nombre de plaintes déposées pour chacun des services de garde. Or,  selon les données du ministère de la Famille (étude des crédits 2015-2016), les CPE, avec 32,2 % des places, comptent pour 15,8 % des plaintes, alors que les garderies commerciales non subventionnées affichent 41,7 % des plaintes pour 18,6 % des places et les garderies subventionnées 32, % des plaintes pour 16,5 % des places.

Et cela varie selon le type de plaintes. Par exemple, dans la catégorie « Santé et sécurité des enfants », les plaintes concernant les garderies représentent près de 92 % du total. Les CPE, seulement 8 %. Dans la catégorie « Personne en relation avec un service de garde », les plaintes concernant les garderies représentent près de 83 % de l’ensemble des plaintes. Les CPE, seulement 16 % ».

D’autres exemples : des 64 plaintes déposées concernant une éducatrice, 62 le sont en garderie commerciale. De plus, concernant l’alimentation, la salubrité, les ratios, les équipements et le matériel de jeu, 141 plaintes sur le total de 148  sont faites à l’endroit des garderies commerciales. Et ainsi de suite.

Par ailleurs, il y a généralement une corrélation entre le nombre d’inspections et le nombre de plaintes. Ainsi, en 2015-2016, pas moins de 755 inspections (48 %) ont eu lieu en garderies commerciales contre 231 en CPE (15 %).

Quant aux manquements observés lors des inspections, ils suivent aussi cette même tendance. Par exemple, on observe 2369 manquements dans les garderies privées relativement aux médicaments contre 442 en CPE.

Les statistiques sont un des indicateurs de la qualité des services rendus dans les CPE et les données du ministère de la Famille sont claires à ce sujet. Une raison de plus pour poursuivre en priorité le développement des places en CPE et à assurer un financement suffisant de ce réseau, ce que ne semble toujours pas comprendre le gouvernement Couillard…