Créé en 1997, le réseau des centres de la petite enfance puise ses racines dans le rapport Un Québec fou de ses enfants, piloté par le psychologue, chercheur, professeur émérite du Département de psychologie de l'UQAM et ancien député, Camil Bouchard. Toutefois, l’idée de créer un réseau de services de garde financé par l’État remonte au début des années 1970.

Survol de quatre décennies d’innovation qui ont mené à la mise sur pied d’un réseau qui fait l’envie de tous.

1970

Les premières garderies populaires voient le jour

Plusieurs groupes de femmes et regroupements populaires militent pour la mise en place de services de garde financés par l’État. Des garderies populaires voient le jour, entraînant du même coup une reconnaissance d’une certaine forme de responsabilité collective en matière de petite enfance.
1974

Adoption
du plan Bacon

Lancée par Lise Bacon, cette politique prévoit des subventions de démarrage aux nouvelles garderies sans but lucratif et une subvention aux parents utilisateurs, selon leurs revenus (un montant maximal de 5$ par enfant est versé aux familles à faible revenu).

Image de la collection numérique de Bibliothèque et Archives nationales du Québec
1979

Adoption de la Loi sur les services de garde à l’enfance

Adoptée le 21 décembre 1979, la Loi sur les services de garde à l’enfance privilégie les coopératives et les entreprises à but non lucratif administrées majoritairement par les parents. Elle prévoit aussi une exonération financière pour les parents (2$ par jour par enfant), versée directement aux garderies. L’aide financière n’est donc plus accordée en fonction de la capacité de payer des parents.
1980

Création de l’Office des services de garde à l’enfance

Au début de la décennie, l’Office des services de garde à l’enfance est créé pour réglementer les services de garde, délivrer les permis et administrer les subventions.

Conciliation travail-famille et égalité des sexes

Durant la décennie 1980, la société québécoise réclame de meilleures conditions de travail et les adeptes du mouvement féministe militent pour des mesures sociales favorisant l’égalité entre les sexes (congé de maternité, conciliation travail-famille, garderies, etc.).
1991

Rapport Un Québec fou de ses enfants

Le rapport Un Québec fou de ses enfants, propose des recommandations quant aux actions à prendre pour prévenir l’apparition ou diminuer l’ampleur des problèmes qui touchent les enfants. Parmi les principales pistes de solution mises de l’avant, la prévention et la réduction de la pauvreté sont privilégiées. On y évoque l’idée de créer un réseau de services de garde éducatifs.
1996

Sommet sur l’économie et l’emploi

En 1996, alors que le Québec traverse une crise économique et souhaite assainir ses finances publiques, le gouvernement Bouchard annonce, lors de son Sommet sur l’économie et l’emploi, les orientations de sa Politique familiale. Le but poursuivi : favoriser la conciliation travail-famille pour relancer l’économie.
1997

Les CPE : un projet ambitieux

Le 23 janvier 1997, la ministre de l’Éducation de l’époque, Pauline Marois, dévoile la nouvelle politique familiale du Québec. Intitulée Les enfants au cœur de nos choix, elle prévoit notamment la création d’un réseau de centres de la petite enfance (CPE).

Leur rôle, tel qu’on l’imagine alors, transcende celui de simple service de garde. Il s’agit d’un guichet unique où les parents et les enfants ont accès à une gamme complète de services de première ligne. Cette mesure témoigne de la volonté du gouvernement d’appuyer le développement global des tout-petits en leur offrant des services éducatifs de qualité et abordables (5$ par jour).

Création d’un ministère de la Famille et de l’Enfance

En lien avec l’adoption de la Politique familiale, on assiste à la création du ministère de la Famille et de l’Enfance avec à sa tête Pauline Marois, qui dirige également le ministère de l’Éducation. Il n’y avait pas eu au Québec de ministère dédié à la famille depuis les années 60.

1999

Bonification des congés de maternité et parental

À la fin de la décennie, les prestations en lien avec les congés de maternité et parental – qui découlent de la Politique familiale – sont portées à un an. Cette mesure entre en vigueur le 31 décembre 2000.

2000

Les CPE, victimes de leur succès

Au tournant du millénaire, l’engouement des parents pour le réseau des CPE ne se dément pas. L’offre n’arrive pas à combler la demande et l’attente pour obtenir une place subventionnée est longue.

2003

Création de l’AQCPE

En 2003, l’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) voit le jour. Issue du processus d’unification de la Concertaction interrégionale des CPE du Québec et de la Fédération des CPE du Québec.

2004

Première hausse du tarif des CPE

Dès leur création, les CPE font face à des problèmes de financement. En 2001, une rumeur quant à une hausse potentielle de la contribution financière demandée aux parents fuse. Celle-ci ne se concrétise finalement qu’en 2004, le tarif quotidien passant de 5$ à 7$.

2006

Début des coupes récurrentes

De 2006 à 2014, près de 261 M$ sont retranchés du budget du réseau des centres de la petite enfance. Parallèlement, le gouvernement bonifie les crédits d’impôt offerts aux usagers des garderies commerciales privées. Durant cette période, le nombre de places dans ce type d’installation bondit de 1387%. Par ailleurs, on assiste à la création des bureaux coordonnateurs de la garde en milieu familial.

2014

Nouvelles hausses et modulation des tarifs

En 2014, une seconde augmentation porte la contribution parentale à 7,30$. Quelques mois plus tard, le gouvernement annonce que le montant de celle-ci sera de nouveau majoré, en plus d’être modulé en fonction du revenu des parents.

Gel du développement de nouvelles places en CPE

Le gouvernement gèle la création de nouvelles places subventionnées, puis se rétracte partiellement. Le développement est plutôt reporté sur plusieurs années, jusqu’en 2021.

Mobilisation : Grand rassemblement pour la sauvegarde de la Politique familiale

En 2014, un vaste mouvement de mobilisation initié par l’AQCPE balaie le réseau des CPE. Plus de 50 000 personnes prennent part à 12 rassemblements tenus aux quatre coins du Québec le 9 novembre 2014, pour revendiquer la sauvegarde de la Politique familiale. Une semaine plus tard, Louis Senécal est invité à l’émission Tout le monde en parle. Dans la même foulée, une pétition est lancée et récolte plus de 86 000 signatures.

2015

Refonte du financement et compressions

Modulation des tarifs de garde en fonction des revenus, compressions de 74 M$, refonte de la structure du financement : l’année 2015-2016 est mouvementée pour le réseau des CPE/BC.

Grand rassemblement pour la sauvegarde des CPE

Au tournant de l’année, l’AQCPE initie – une fois de plus – un important mouvement de mobilisation à l’échelle nationale. Les Québécois s’approprient rapidement la démarche, ce qui donne lieu à 271 chaînes humaines autour des CPE et, le 7 février 2016, à 18 rassemblements auxquels ont pris part plus de 30 000 personnes. Une pétition historique de 202 000 noms est également déposée à l’Assemblée nationale pour réclamer un réinvestissement dans des services de garde éducatifs subventionnés de qualité.

Toutefois, le rapport de force de l’AQCPE est ébranlé par la conclusion hâtive d’une entente entre le Conseil québécois des services de garde éducatifs à l’enfance et le gouvernement. L’AQCPE intervient pour tenter d’en limiter les impacts négatifs et négocie une bonification de l’allocation de transition.

Nouvelle structure de financement

Au printemps, le ministère de la Famille publie les nouvelles règles budgétaires pour 2016-2017. Rappelons que la dernière refonte remontait à 1997, au moment de la création des CPE. Ces nouvelles règles intègrent une compression de 73 M$ aux nouveaux barèmes de financement, dont une rationalisation de 37 M$ en 2015-2016.

2016

Commission sur l’éducation à la petite enfance

L’AQCPE profite des 20 ans de la politique familiale pour initier un grand exercice démocratique sur les services éducatifs offerts aux tout-petits. Le rapport de la Commission sur l’éducation à la petite enfance émet 5 énoncés de principes qui visent à rehausser l’accessibilité, la qualité et la contribution à l’égalité des chances des services éducatifs à la petite enfance.

2017

Sommet sur l’éducation à la petite enfance

En écho au rapport de la Commission sur l’éducation à la petite enfance, l’AQCPE organise un Sommet parrainé par la Commission canadienne pour l’UNESCO. Plus de 2500 participants en personne et en ligne, et 31 organisations de la société civile représentant environ 2 millions de personnes en signent la Déclaration pour la reconnaissance du droit de tous les enfants à une éducation de qualité dès la naissance.